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jeudi 26 juin 2014

Chanson à boire

D'espoir des espérants
il n'en est pas question
sur les routes du monde
Des pères désespérés,
croient que la Terre est ronde.

Définition troublante
de la postérité
Espérance des sots
et des anacoluthes
des classes déclassée
pour aller faire le gai
sur la rivière des arts
au pays des chimères
au pays libéral, libérée
délibère la honte
et la jalousie gronde
dans ce fichu métier
à tisser détisser
des liens de parenté
qui de fil en aiguille
père mère fils et filles
restent inachevés
échevélés dans l'entrelac
des fils de silence
je pense
crois-moi.

mercredi 25 juin 2014

Sur mon vélo

Sur mon vélo je nargue les autos. Je me faufile, change gaiement de file, grille les feux, l’air frais me rend joyeux. Les automobilistes en vain rouspètent. Ils n’auront pas raison de ma bicyclette, qui s’échappe. Les affres de la circulation, c’est pour eux, moi je préfère les sous-bois, les rives ombragées, les longues lignes droites sous le soleil campagnard qui crame le recto de mon cuir bicolore... et la radler à l’heure des bouchons. Et la radler à l’heure des bouchons.

Damien Bagarry, Munich, juin 2014.

vendredi 19 novembre 2010

Tram 19

Fier comme Artaban
Le tram fend la neige trouble
en moi fond la glace (c'est troublant)

Damien Bagarry, Munich, février 2009.

Oisillon vote

Un petit oiseau dans un hall de gare
Picore les miettes laissées par Voyageur-Pressé
Des sandwiches Snack-Bar.

Que pense-t-il ? Y songe-t-il, à l'élection toute prochaine du successeur de Mitterrand ?
Non, le glaneur s'enfuit.
Ailleurs, il volera d'autres excédents urbains.

Que lui importe le vote utile, contestataire ou partisan ?
Il sait qu'il vit: il s'est nourri !
Oisillon vole, tout simplement.
Damien Bagarry, TGV Paris-Marseille, avril 1995.

vendredi 8 octobre 2010

La riche hongroise et le renardeau

L'astre semblable aux circonvolutions
des phylactères m'émeut.
De ma boîte à meuh
j'observe son accointante punition.

La rigueur de la fourche bourgeoise
supplémentée de divine fragrance
stupéfie la riche hongroise
toute à sa juteuse inflorescence.

Renardeau miséreux des rigoles aimables,
tu te complais à ton triste épisode.
Entendras-tu la voix des sans-culotte ?

La famine t'accable, la famille aussi.
Les vers trouant ton nez saignant et les fourmis
préparent le chemin de ta fin misérable.

Damien Bagarry, Munich, octobre 2010.

samedi 4 juillet 2009

Lofoten

Poèmes sur les îles Lofoten

Aux lofoten

Poème en prose publié par heliomel sur http://poeme-en-prose.jepoeme.com/discussion-141699-Aux_lofoten/1.html
le 27 Jan 2009 à 13:18

La terre s'étrécit
Les fjords sont rares
Et les silences fréquents

Ondulante, la houle forcit.
Couronnées de blanche écume
Sans cesse les vagues valsent
Brumes sur les icebergs

Cinglant, le vent
Gémit devant la porte
Rondins de bois
Sont solidaires

Vois comme l'hiver est long et les arbres glacés
Quand les cristaux de givre artistement placés
Sur les vitres étoilées dessinent une dentelle
Une bûche au foyer gratte du violoncelle



Tous les morts sont ivres


"Tous les morts sont ivres de pluie vieille et sale
Au cimetière étrange de Lofoten.
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten.

Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chaire humaine
Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant
Le sommeil est doux aux morts de Lofoten.

Je ne verrai très probablement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j'aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine.

Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines
Au cimetière étranger de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux,
Vraimentt, dites-moi, dormez-vous, dormez-vous ?

- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine,
Des histoires plus charmantes au moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.

Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne
La voix du plus mélancolique des mois
- Ah les mots, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi…"

Oscar Venceslas von Lubics Milosz, in Livre d'Or de la poésie française, Seghers, ed. Marabout, 1998., p. 318 et recueil Chansons et danses d'autrefois, in Poésies, tome I, Éditions André Silvaire, 1972, p. 176.

Oscar Venceslas von Lubicz-Milosz, (on trouve aussi l'orthographe Oskar Wladyslaw De Lubicz Milosz) poète lituanien de langue française, est né en 1877.Il était issu d'une famille noble et vint à Paris faire ses études au lycée Janson-de-Sailly, puis à l'École du Louvre. Il voyagea beaucoup en Europe, et s'installa en France où il fut notamment chargé d'affaires de Lituanie. Il écrivit une première poésie dans la lignée du symbolisme (Le Poème des Décadences et Les Sept Solitudes) . Puis sa poésie ne cessa de s'élargir à partir du recueil Les Eléments. Il devrait ensuite écrire une poésie d'inspiration mystique (Epitre à Storge, La Confession de Lemuel, Arcanes). Le poète est également auteur d'un roman et un mystère, Miguel Manara. Il est aussi l'auteur de plusieurs traductions, notamment de textes anciens lituaniens. André Silvaire a édité ses œuvres complètes.
O.V. de L. est mort à Fontainebleau en 1939.
(à ne pas confondre avec Czeslaw Milosz (1911-2004), Prix Nobel 1980 de littérature.)

mardi 17 février 2009

Haïku - Petit poème d'hiver

Fier comme Artaban
le tram fend la poussière de neige
mon coeur ainsi fond

Vif comme Artémis
le tram happe la poussière de neige
mon corps s'en repaît

Fier comme Artaban
le tram chasse la poussière de neige
mon coeur s'y repent

Damien Bagarry, Munich, février 2009.

lundi 16 février 2009

Leere, die Lehre zugleich ist...

JOSEPH NEWTON a dit:

Denk mal nach….
….. ob du dir angewöhnt hast, nutzlose Dinge zu sammeln, weil du sie, vielleicht ja eines Tages, mal brauchen könntest?
... ob du dir angewöhnt hast, Geld anzuhäufen, aber nicht auszugeben,
weil du es vielleicht irgendwann in der Zukunft brauchen wirst?
... ob du dir angewöhnt hast, Kleidung, Schuhe, Möbel, Geräte und andere Haushaltsgegenstände zu lagern, obwohl du sie schon lange nicht mehr benutzt hast?
... ob du dir tief in deinem Inneren angewöhnt hast, an Vorwürfen, Groll, Traurigkeit, Angst und dergleichen, festzuhalten?
Tu es nicht. Du handelst gegen dein Wachstum!
Es ist wichtig, Raum zu schaffen, eine Lücke, um neuen Dingen zu erlauben, in dein Leben zu kommen.
Es ist wichtig, dass du alle nutzlosen Dinge in deinem Leben und in dir selbst loslässt, um Wachstum und Wohlstand annehmen zu können.
Die Kraft dieser Leere ist jene, die alle deine Wünsche aufnimmt und anzieht.
Solang du dich an alte, nutzlose Gefühle klammerst, materiell oder emotional, wird kein Raum sein für neue Möglichkeiten.
Dinge müssen fließen.
Reinige deine Schränke, deine Garderoben, deinen Arbeitsbereich, die Garage…
Gib weg, was du nicht mehr benutzt…
Die Angewohnheit alles Nutzlose behalten zu wollen, fesselt dein Leben.
Es sind nicht die Gegenstände die du behältst, die dein Leben stagnieren lassen.
Es ist die Einstellung zum “Behalten” an sich.
Wenn wir festhalten, sind wir im Wollen, im Mangel.
Wir glauben, dass es morgen fehlen könnte, und dass wir nicht mehr in der Lage sein werden, unsere Bedürfnisse zu stillen.
Mit dieser Idee sendest du zwei Botschaften
an dein Gehirn und dein Leben:
Dass du dem Morgen nicht vertraust.
Und du denkst, dass das Neue und das Bessere nicht für dich gedacht sind.
Deshalb heiterst du dich selbst damit auf, was du alles an Altem und Nutzlosem gesammelt hast.

Tanze
als würde dich niemand beobachten.
Liebe
als wärst du niemals verletzt worden.
Singe
als ob dich niemand hören könnte.
Lebe
als sei der Himmel auf Erden.
Souza

Werde los, was seine Farben und seine Helligkeit verloren hat.
Lass das Neue in dein Heim kommen…
…und in dich selbst.
Aus diesem Grunde, nachdem du das hier gelesen hast…
Behalte es nicht…
Lass es fließen…
Möge Wachstum und Frieden dich bald erreichen.

Amen

[The Principle of emptiness
by JOSEPH NEWTON]

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